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Volontaires 94' Français

Documentaire
Framevox

Alors que les gouvernements peinent à trouver des solutions acceptables face à la crise migratoire, certains ont décidé d’agir, ce sont les volontaires indépendants. Quatre femmes suisses, Katja, Lisa, Hélène et Mireille, ont un jour apporté leur aide aux migrants. Se heurtant parfois aux préjugés ou au manque d’intérêt de leurs concitoyens, elles avancent, luttent et ne lâchent pas prise.

Leur engagement questionne notre société, mais aussi notre histoire personnelle, dans un monde où le « chacun pour soi » semble prendre parfois le dessus. Sommes-nous prêts, au détriment de vies humaines, à assumer le drame qui se déroule sous nos yeux ?

Année : 2019

Production : Framevox
Agnès Boutruche & Véronique Vergari

Réalisation, image et montage : Chloé Seyssel

Assistante de production : Carole Théraulaz

Musique originale : Jonas
Etalonnage : Color Grade
Jean-Baptiste Perrin & Rodney Musso

Sound design et Mixage :
Crimsound Studio, Jorick Guasch
Shazam, Nicolas van Deth

Synopsis

Pour faire face à la crise migratoire, l’Union Européenne a mis en place des mesures drastiques.Les gouvernements européens ont conclu des accords avec la Turquie et Libye pour endiguer l’afflux des migrants vers l’Europe. Ils ont aussi renforcé le règlement Dublin, règlement signé également par la Suisse, et beaucoup d’états européens ont fermé leurs frontières. Ces différentes mesures ont parfois des conséquences dramatiques pour les personnes migrantes venues chercher l’asile en Europe.

 

Témoins de ces drames, depuis leur canapé, au détour d’un article de journal, d’une image insoutenable ou d’une simple (mais déterminante) prise de conscience, des citoyens ont décidé de donner de leur temps, de leur argent, de leur talent et une grande partie de leur énergie pour « faire quelque chose ». « Faire quelque chose », c’est d’abord ne plus accepter l’inacceptable. « Faire quelque chose », c’est réaliser qu’on n’a pas besoin d’être un professionnel pour se rendre utile. « Faire quelque chose », c’est cesser d’ignorer le malheur qui gronde à nos portes, en attendant que drame se passe. Ne pas fermer les yeux, sortir (un peu) de son confort personnel pour rendre l’herbe du voisin en détresse un peu plus verte. Ces gens, ce sont des volontaires. Volontaires parce qu’ils ont pris cette décision librement. Mais aussi parce qu’ils en font preuve, de volonté. Leurs actions sont nombreuses : distribution de nourriture et d’habits, aide administrative, cours de français, manifestations et événements. Toutes ces actions concrètes et ciblées soulagent les cœurs, ressuscitent des sourires et parfois même sauvent des vies.

 

Le film est une immersion dans cette action citoyenne. Pour rendre compte du travail de ces volontaires au plus près de la réalité, il ne fallait surtout pas se perdre dans un scénario. Nous ne sommes pas, ici, dans du storytelling. L’histoire, la vraie, se raconte d’elle-même. Un documentaire qui se digère uniquement par le regard des volontaires et notamment celui de quatre femmes suisses, toutes impliquées à leur façon dans la solidarité avec les réfugiés. Ici, en Suisse, mais aussi au front. En Grèce, où des familles entières déposent leurs existences bousculées sur des terres qu’elles espèrent accueillantes.

 

Katja Weber, une Lausannoise au tempérament gravé dans la roche, se rend sur l’île afin de rejoindre l’équipe de volontaires du CESRT (Chios Eastern Shore Response Team), une association très active sur l’île, qui est notamment appelée lorsqu’un bateau de réfugiés arrive de Turquie. En nous guidant dans son quotidien, elle dresse un portrait de ce qu’est la situation actuelle en Grèce, avec des camps de réfugiés surchargés et des arrivées de bateaux d’une régularité effrayante. Une réalité qui n’est pas toujours sous tous les projecteurs lorsqu’il faut évoquer l’actualité brûlante de cette crise migratoire. Pourquoi faut-il parfois ne pas distribuer de couvertures ? A qui les offrir ? A quel moment de la journée ? Katja a le verbe ferme et le geste assuré sans pour autant se délester d’un humour noir qui lui permet de ne pas perdre totalement espoir.

 

« Volontaires » tient à peindre une toile réaliste, donc bigarrée, de l’action citoyenne. Si l’aide au front est évidemment capitale, plus près de chez nous, les gestes simples sont tout aussi indispensables.

 

Nous partons au Tessin. Lisa Bosia Mirraest députée socialiste. Elle a mené plusieurs actions en faveur des réfugiés dans sa vie. En 2016 elle était bénévole à Côme. A la frontière italo-suisse. Un engagement qui n’est pas sans danger. Et il faut parfois désobéir pour suivre ses convictions. Elle sera condamnée pour avoir fait passer illégalement des personnes migrantes en Suisse. En 2017, Lisa Bosia Mirra décide de mettre en place la « Bainvegni Fugitius Marsch ». Une marche militante autour de la Suisse, qui a pour but de sensibiliser la population aux conditions de vie des réfugiés. Un chemin de croix, mais un chemin d’espoir emprunté à fleur de bitume qui porte ses fruits au rythme des slogans scandés et des kilomètres avalés.

 

Chez Hélène Menut, c’est la force lumineuse qui émane de ses actions et de ses mots qui marque les esprits. Grâce à elle, chaque moment de la journée se transforme en petite dose d’espoir. Elle est à la tête du « Lieu-dit », une association basée à Nyon, comptant environs septante bénévoles et qui a pour but de favoriser l’intégration des personnes migrantes.

 

Mireille Reymond Dollfus, elle, est « pasteure auprès des migrants » dans la région nyonnaise. Elle a une grande connaissance du processus d’asile suisse qu’elle met à profit pour accompagner les réfugiés dans leurs démarches. Elle est aussi d’un grand soutien moral pour tous, quelle que soit leur situation. C’est une force de caractère et un aplomb hors du commun qui pousse cette femme à dépasser les difficultés. Mais pas question de minimiser le travail à fournir. Et notamment avec les personnes migrantes. On ne s’apitoie sur aucun sort. On ne pleurniche pas non plus. Sans omettre dans son discours l’issue la plus redoutée : le renvoi. Le soutien, comme les drames, se vivent les yeux grands ouverts.

 

Lisa, Katja, Hélène et Mireille ont chacune à leur manière fait de leur vie un combat pour la dignité humaine. Elles sont entourées d’autres volontaires et tous ensemble jouent un rôle mal connu, mais d’une importance capitale dans notre société. Celui de redonner espoir à ceux qui ont tout perdu, celui de renverser les sentiments de peur et de haine, et enfin de permettre aux populations de vivre ensemble.

 

« C’est quand la disparité entre les gens se creuse, quand certains sont si désespérés de leur absence de statut qu’ils peuvent virer à la haine. On a donc tout intérêt à bien les accueillir, à les aider à surmonter une situation déshumanisante. Dans ce sens, les bénévoles qui s’engagent pour eux sont des acteurs de la paix sociale ». Mireille Reymond Dollfus

© framevox

Sommes-nous prêts à assumer le drame qui se déroule sous nos yeux ?

Projections et diffusions